Douzième : planqué dans une résidence je…

Waou !
Dans ma tête j’ai une journée qui est passée à l’AS. Je suis fatigué, cet aprés midi je me suis pas reposé et ça empèche ma mémoire de remonter jusqu’à hier.
Parlons d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, comme la journée d’AS d’hier il y a eu beaucoup de courrier. Je me souvient maintenant qu’hier personne ne m’avais vraiment aidé dans mon tri de case, j’ai eu pour résultat d’arriver dans les deux derniers au bureau, il devait être 13h.
Par contre aujourd’hui j’ai eu de l’aide et de la liberté en ce qui concerne mes liasses. J’ai enfin réussi à faire des liasses à peu prés potable, je suis toujour lent pour les faires mais sa va en s’améliorant. J’ai maintenant moins de fils qui volèttent comme une ora ( je sais pas l’écrire, faudra que je vérifie ) autour de mon vélo.

C’est la première fois sur cette tournée que j’ai réussi à organiser correctement mon tri et donc à optimiser mon trajet à vélo. J’en ai fini avec les allé-retour dans une même rue. Au tout début, comme je ne connaissait pas la tournée il m’est arrivé de faire un bout d’une rue, puis de me déplacer à l’opposé pour finalement aprés quelques numéros revenir au millieu ! Bref c’était le bordel complet, rien n’était optimisé et logique. Si on m’avait filmé j’aurai donné l’impression d’être un facteur alcoolique des pays de l’Est qui ne comprend rien de l’endroit ou il se trouve.
Des recommandés j’en ai eu, une bonne vingtaine, sauf que j’ai trouvé une simple parade pour pas passer mon temps à les regarder.
Quand on est en tournée, qu’on est pas trés doué ( comme moi ), qu’on ne connait pas les rues et les numéros ( comme moi ), alors on passe son temps à regarder sa petite pochette de recommandé pour vérifié si on est pas au bon numéro. Maintenant quand au bureau je reçoit mes recommandés je notes les rues et les numéros sur un papier, comme sa plus besoin de me gonfler à toujours ouvrir ma pochette de recommandés pour voir ou j’en suis. J’en fait signé un, j’en avise un, peut importe, je prend ma petite feuille et je barre les numéros. Hop.
Finalement quand on est pas trop trop mal organisé 20 recommandés sa passe.
On m’a demandé à un moment si je pouvais pas rapporter un recommandé que l’ont m’avait fait avisé ! C’était une école maternelle qui m’avais la veille demandé d’aviser un recommandé. Aujourd’hui j’arrive et on me demande si demain je peut pas le ramenner parceque finalement ils se sont trompés et qu’ils veulent le signer.
Nawak ! Les recomandés quand c’est avisé sa part directement, sa reste pas au bureau. Tant pis pour eux !
Je leur ai quand même dit que je verrai au bureau si je peut pas récupérer leur reco pour leur rapporter demain Samedi… Stupide comme réponse étant donné que Demain il sera plus au bureau !

Avant que je ne décolle du bureau pour aller vers mon vélo et la tournée il y avait encore dans le bureau, du moins dans ma rangée le Facteur C.A.P. On ne l’avait pas aidé pour le tri ce qui fait qu’il était un peu à la bourre par rapport à moi. Quand j’eu fini de pré-remplir mes recommandés ( c’est à dire de remplir à l’avance les avis de passages ) le facteur C.A.P. m’a demandé de l’attrendre pour qu’on parte ensemble. J’ai pas voulu attendre, il avait pas encore placé le courrier dans son vélo, et la dernière fois que je l’ai attendu il à mis un peu de temps à cette étape, surement d’ailleurs parcequ’il n’est pas encore trés organisé. Finalement je dit sa, mais moi et l’organisation. Bref, je lui ai dit que je préférait ne pas l’attendre parceque j’avais beaucoup de courrier et que j’en chiait.

Je suis parti tout seul vers ma tournée et c’est bien mieux.
Même si il est sympa le gars j’aime bien qu’on me laisse tranquille quand je part.
Facteur c’est bien quand on te fout la paix.

Hier mon vélo était sacrément dégonflé.
La première fois, lors des premiers signes de dégonflage j’ai usé d’une pompe classique, d’une pompe qui demande des efforts au bras pour au final ne gonfler que trés peu. Hier, j’ai usé du compresseur, le gros machin noir qui fait plein de bruit mais qui peut gonfler un vélo jusqu’à l’explosion.
J’aime le compresseur, sa va vite et c’est facile à utiliser !

Avant de décoller du bureau le “boss” m’a demandé de vérifier si une personne n’était pas morte ! Et oui, facteur c’est aussi un travail de pré-pompes funèbres ! C’est la première fois qu’on me demande de vérifier si quelqu’un est encore en vie !

Hop, je décolle de ma tournée.
Au final la matinée de tri n’était pas horrible, j’ai regonflé mon vélo, j’ai réussi à organiser super-bien mon trajet, on m’a laissé la mission de vérifier la vie ( le ping ? ) de quelqu’un, et j’ai éviter de faire mon trajet avec quelqu’un ! Quelle associal me direz-vous ! Non, non, mais le matin quand j’ai sommeil j’aime pas discuter, et j’aime pas réfléchir pour chercher des sujets de conversation ou faire semblant de m’interresser à quelque chose…

J’arrive enfin à ma première rue. Premier constat : il fait chaud, déjà trés chaud !
Le compte à rebour commence, il ne me reste plus que deux heures trente avant de rentrer !
Cette première rue est vraiment immonde, les pavés, c’est vraiment l’arnaque ! J’ai plus péné qu’hier sur les pavés, en fait un vélo dégonflé est beaucoup plus agréable à conduire qu’un vélo gonflé ( du moins sur des pavés ).
Dans cette rue il y a presque tout pour les fans de la ville. Il y a un lycée, une maternelle, une crêche, un bar, un traiteur, une boite de fruit, des trottoirs avec de la merde et des pavés.
Punaize, la ville c’est vraiment le pied.
La seule chose que je trouve sympa à cette rue, et encore sa doit être qu’à deux moments dans la journée, c’est le passage de certains jeunes mamans qui amènent leurs gosses à la crèche. Par moment y’en à des jolies qui donnent des torticolis au facteur.

Le passage devant le traiteur donne faim, sa sent la bonne charcuterie, il n’y a pas de vent, donc c’est pas entre-coupé d’une odeur de merde qui rode souvent en ville. Je suis sévère mais c’est souvent le cas.
En parlant d’odeur, dans ma seconde rue, il y a un passage qui sent le mauvais déodorant urbain. Une femme et son gosse traversent la rue, j’entend dire par la femme “sa pue ici” ( avec un accent noir caractéristique d’ailleur ). Je me retourne je dit en rigolant “en effet”, et la femme esquisse à peine un sourir, continue à marcher, tourne la tête de l’autre côté et crache !
Les gens sont des porcs ! Il trouvent que leur ville est dégueux, et en plus ils crachent comme des sportifs, ou des jeunes cons ( comme c’était la “mode” quand j’était au collège )…. C’est triste.
Je le répette : la ville sa craint !.

Résidence.
Mince j’ai déjà vu cette même lettre hier. Et mince, elle me gonfle ! La Factrice qui m’a aidé pour cette tournée ( surtout au début ) m’a replacé du courrier que j’avais ramené au bureau parceque je n’avais pas trouvé les noms !
J’ai l’impression qu’on ne me fait pas confiance, si je ramène du courrier d’une résidence ou il y à 10 boites c’est bien parceque je ne voit pas les noms !
Pas étonnant qu’à la fin de ma tournée je revienne au bureau avec plein de courrier pas distribué parceque j’ai pas trouvé les personnes. Le nombre de lettres et de pubs qui n’aboutissent pas à leurs destinataires est assez important. Entre les gens qui déménagent, ceux qui ne mettent pas leurs noms sur les boites, et les pubs le monde est pas prés de se redresser. Aprés il faut que des personnes fassent des campagne pour le bien de la planête… Il y a tellement de choses à revoir pour arrêter de faire n’importe quoi. Tout ce papier imprimé qui ne sert à rien, toutes ces pubs inutiles vont nous tuer.
Le système est à revoir, le concept de la ville aussi.
Tout est à revoir, mais le monde est trop con et court tout seul trés rapidement à sa perte…

Je suis un rebelle.
Je me planque dans une résidence, et planqué dans une résidence je pête !
Un de mes jeux sympathiques consciste à, si j’ai envie de lacher un gaze, de me retenir jusqu’à une résidence et de dégaser à l’interieur. Et bien, je peut vous dire que le pet en Résidence, c’est le luxe ! Au moins aussi bien que de peter tranquillement au fond de son lit ! Le mieux est de trouver une résidence à l’odeur “neutre” ce qui difficile, car soit sa pue la merde, soit sa empeste le citron ! Plus la résidence est d’une odeur “neutre” plus le pet prendra de l’importance et plus vous aurez envie de peter !.
Le pet sa décompresse et sa montre que je suis un rebelle, et que moi, les armes bacteriologiques je me les fabriquent sans google.

Dernière rue, dernier côté, derniers numéros.
J’ai des banques. Dans les deux banques, au gichet il y a des boulots d’été, que des filles, et elles sont toutes jolies, c’est un plaisir ! Moi je rentre avec ma gueule de voleurs et mes cheveux décoiffés. Je doit faire peur !.

J’entre dans un boutique de cosmétique, un truc pour le visage.
Je suis dans le quartier noir de Bordeaux.
Personne dans la boutique.
Quoique si, il y a une personne, et elle est tout au fond, couchée sur un sorte de lit. C’est une boutique tenue par une grosse femme noir. Elle est habillée avec une grande toge de couleur vive, elle à des mini rasta, et elle se repose sur une sorte de lit au fond de sa boutique.
Manquerait plus qu’un 50° degrés à l’ombre, des huttes, du rythme et on y est !
Moi aussi j’ai envie de faire la sièste !

Et c’est le moment d’y aller…




Dixième jours : Interdir c’est mal !

“Interdire c’est pas Démocratique !”
Cette phrase m’a fait interieurement marrer pendant toute la durée de mon tri de rues. Le grand penseur et “parleur” de cette phrase c’est le Facteur C.A.P. Il discutait avec un autre facteur par trés loin de moi, j’ai entendu parler d’enfants, que le facteur machin il interdisait quelque chose, et c’est pour sa que le Facteur C.A.P. à sorti : “Interdir c’est pas Démocratique” “en Démocratie on interdit pas”.
On va dire que c’est un no-comment d’une chaine d’info en continue.

On m’a encore fait mes liasses ce matin, résultat je m’y suis pas retrouvé comme il fallait dans ma tournée, j’ai un peu perdu de temps. Heuresement il n’y avait pas beaucoup de courrier aujourd’hui, juste un peu plus qu’hier.
Le voisin de facteur m’a dit de faire un dépot même si je peut tout prendre sur le vélo. Résultat j’ai fait un dépot de trois petits paquet de lettres, au moins comme me disait mon voisin “comme sa le type qui s’occupe des dépots perdra pas l’habitude”. Je crois qu’il à raison, la semaine dernière j’ai attendu mon dépot, le gars qui s’en occupait avait oublié surement parcequ’il n’en avait pas eu beaucoup dans la semaine !

Mon voisin de facteur est plein de sagesse, sa me fait bien rire.
Il est pas énervant, il parle pas trop, il parle pas de foot, et il m’a appri comment faire des jolies liasses.
Apparement en discutant avec lui j’ai réussi à savoir que le facteur que je remplace est un tantinet lourd. Il parle trop, et il s’enerve, et tous le monde l’entend dans le bureau. En effet tous les ans je l’entend, il fallait bien que je le remplace un jour.
Il y a doubles vacances, en première pour le facteur que je remplace ces deux semaines, et en seconde pour mon voisin de facteur qui se repose du facteur que je remplace.

On m’a pas aidé à mettre en case ce matin, ni même la factrice qui m’avait assisté au début, ni même mon voisin. Je pense que mon voisin de bureau ne m’a pas aidé parcequ’il suivait sa stratégie de sagesse ou l’apprenti doit apprendre à en chier tout seul pour connaître son casier même si celui-ci n’en à rien à faire parcequ’il va rester que deux semaines.

…. La suite demain ou plus tard parceque je doit partir faire de la musique ;)

Edition du lendemain : Finalement je sais plus quoi dire ;)
Faudrait que je note sur un papier !




Neuvième jour : plus de clefs !

J’ai perdu mes clefs.
Le matin je vais ( quand il fait beau ) au bureau en moto, sauf que contrairement aux autres matins je suis arrivé sans clefs dans le contacteur !.
J’ai perdu mes clefs, elles peuvent être n’importe ou sur mon trajet estival ! Le garagiste m’a expliqué que sa lui était déjà arrivé ce genre d’affaire et qu’il avait eu à regretter deux jeux de clefs ! En fait, le “newton” qui est le système de contact ou on met la clef fini par prendre du jeu avec l’âge, le mien est âgé et c’est comme sa que j’ai perdu tout mon trousseau ! Heureusement j’avais un double du contact ! La solution serai de changer le Newton, mais bon sa coute 1000 balles ( anciens francs ) , alors j’ai décidé de m’y prendre autrement et d’attacher ma clefs de contact à une chainette en alluminium que je fixe sur le guidon de la moto, comme sa au moins si sa tombe sa reste tout de même accroché !.
Ce qui est vicieux dans ce genre de problème c’est que même si la clefs se barre le contact reste et c’est bien pour sa que je me suis rendu compte de rien.

Tout sa pour dire que mes affaires de postiers, c’est à dire mes clefs, mes badges, mes stylos et aussi mes papiers m’étaient inaccessibles car enfermés dans le top-case de la moto.
Les facteurs comprenaient pas trop mon problème de clefs, y’en à deux qui on cherchés au moment du “tri des rues” pour voir si j’avais pas fait tomber tout simplement mon trousseau en arrivant.
Que dall, j’ai bien tout paumé en route.

J’ai du demander des clefs et des badges de rechanges au “petit_boss”, j’ai d’ailleurs eu l’air un peu con avec mon histoire de clefs qui s’évapore. Le “petit_boss” à ouvert une armoire et en a sorti une petite boite en carton. La boite était compartimenté et dedans se trouvais les clefs, pour ma tournée j’avais besoin de l’une J et d’une T, clefs qu’il m’a donné !.

Ce matin il pleuvait un petit peu, j’avais revêtu ma combine de pluie moto en arrivant au bureau me disant que j’y couperai pas sur ma tournée et qu’il vallait mieux prévoir. J’ai pas gardé ma combine pendant mon tri de rue, trop chaud, je l’ai virée et j’ai pu commencer à trier tout mon bourrier.

A ma place, aprés avoir trié plusieurs lettres j’ai pensé que je n’avais pas de stylo. Dans cette situation sa ne servait à rien que j’aille demander au “petit_boss” car à La Poste c’est pas la foire aux accessoires, les seuls materiels qu’on m’a donné c’est les deux tee-shirts jaune-pisse et un petit veston la poste et un vélo à moitié fonctionnel ! C’est mon voisin de facteurs au bureau qui m’a preté un stylo, heuresement il en avait deux sur lui !

Aux niveaux des accessoires à la poste il y a pour le remplacent d’été :
- Des tee-shirt jaune-pisse.
- Un veston avec 4 poches dedans.
- deux clefs, ou trois et un badge en option ( badge pour ouvrir les portes, pas un insigne de flic ! ).
- Un vélo moyennement confortable.
- Le vadé-mécum du facteur ( voir jour précédent, ou avant-précédent je sais plus trop ).
- Un contrat en deux exemplaires.
- Beaucoup de ficelle.

Personnellement il faut se fournir :
- Un cutter si tu sait pas faire une liasse ou la couper.
- Quelque chose pour accrocher les clefs qu’on te donne.
- Un vêtement de pluie.
- Du courage
- Un humour “large” si tu veut pas passer pour un associal dans le bureau et que tu veut te faire des “copains”.
- Une pompe à vélo ( au cas ou ).
- De quoi réparer le vélo ( au cas ou ).
- Plusieurs stylos parceque quand il flotte y’en a la moitié qui marche plus.
- Savoir freiner avec les pieds si les freins sont cassés.

Il faut quand même beaucoup de chose.
La Poste comme je disait c’est pas la foire aux accessoires, franchement ils pourraient faire deux trois efforts, notamment sur les stylos, ou alors prêter d’office quelque chose pour la pluie. Bref, il faudrait le minimum !

Je suis le roi de la ficelle, et je pense que mon voisin de facteur s’en est rendu compte !
C’est ce même voisin qui m’a montré hier, pour la première fois comment faire une liasse avec UN seul morceau de ficelle ! Ma première année à la poste je suis tombé sur une factrice qui n’utilisait que les gros élastiques, j’ai donc utilisé des élastiques, les autres années je suis retourné à la ficelle et j’en ai laissé trainer partout !
Une liasse en un coup, une ficelle, c’est pas trés difficile finalement, il suffit de toper le coup, comme dans tout. J’y arrive pas encore, et je pense pas que j’y arrive parfaitement la semaine prochaine. La chose qui me fait un peu mal et que je réussi pas bien c’est de couper à la fin la ficelle, je me fait mal aux mains, je me brûle, bref c’est pas bien !
Je désséspère quand même pas.

Enfin, on m’a montré comment faire mais c’est pas pour autant que je vais beaucoup plus vite. Je doit d’ailleurs être encore trés lent pour faire une liasse puisque le voisin de facteur et la factrice qui m’a assisté hier m’ont tout liassé !
Je suis content quand on me liasse tout c’est sur, le seul ennuie c’est que le casier est dans un mauvais ordre et qu’aprés quand je doit mettre le courrier dans le sens de ma tournée j’ai du mal à m’y retrouver parceque je ne me suis pas occupé des liasses ! Si je devai faire une mauvaise comparaison c’est comme heu… Je sais pas, si je trouve je le met !

Voila, tout est ok, on m’a fait toutes mes liasses je n’ai plus qu’a tout bien placer sur le vélo.
Mon vélo est sacrément dégonflé, il est trop tard, je vient de tout chargé, mes recommandés sont prêts autant que moi. Tant pis, je détale vers la sortie.
Je sorte du bureau en même temps qu’une autre factrice bien sympathique ( si vous voyez ce que je veut dire ). On discute au moins 40 secondes, malheuresement surement du temps parcequ’on à rien à ce dire et que sa fait que 40 secondes que l’on parle. A ce moment là arrive deux autres facteurs.
Le premier est un motard qu’a la même moto que moi, il est sympa, c’est pas un gars énervé, c’est bien. Le second c’est un passionné de jazz que j’ai déjà remplacé l’année dernière. Lui c’est mon facteur préféré, il est chouette, j’ai jamais parlé de foot avec lui mais souvent de musique, et vu qu’il sait de quoi il parle c’est trés chouette. D’ailleurs un facteur qui aime le jazz c’est rare, c’est l’exeption de la poste, je m’attendais à tout sauf à croiser un facteur qui aime ce genre de musique.
Dans la poste y’a aussi une autre factrice, mignonette aussi, qui elle dessine, finalement c’est avec ces deux facteurs avec le qui j’ai le plus parlé.

On discutait donc avec la factrice, les deux autres débarquent avec la pluie.
Hop, descente du vélo, et enfilage de Kawé.
C’est parti, il pleut, nous somme un groupe de quatres à décoller du bureau. Elle, lui, lui et moi.

Quand on sort du bureau il y à trois directions possibles :

1) A gauche : C’est le plus dur pour le mental parcequ’à gauche sa grimpe déjà. Certes pas beaucoup mais avec 50 k sur un vélo sa fait mal aux pattes.

2) A droite : C’est le plus facile, c’est tout droit et tout plat, c’est l’itinéraire des chanceux. Je connais pas cet itinéraire, je connais seulement celui de gauche et celui de….

3) … tout droit ( et à gauche ) : il faut traverser complêtement le carrefour pour tomber dans une longue voie plate parrallèle à le voie de droite. Elle est moins bien que la voie de droite parceque c’est trés dégagé pour le vent, donc quand sa souffle c’est assez hardu.

Moi je vais tout droit en ce moment.
La première semaine j’allais à gauche.
Dans tous les cas, en ce qui concerne à droite ou tout droite il faut absolument éviter de croiser les rails de trains trop rapidement. Oui, il y à des vieux rails de trains, en vélo c’est super glissant, encore plus quand il pleu, c’est assez dangereux.

Notre groupe de 4 toujours composé de Elle, lui, lui et moi allons tout droit en passant trés doucement sur les rails. Nous traversons la longue voie parrallèle à la direction de droite. Au bout de cette longue voie il y à un rond-point qui scinde notre groupe en deux. Nous sommes plus que Moi, je suis un groupe tout seul, mon propre chef, et c’est bien en ce sens que le métier de facteur est agréable. Mise à part un camion, derrière moi il n’y a plus personne.

Aprés avoir grimpé un petit Tourmalet, ma tournée commence. Le trajet est long, 15 à 20 minutes.
Au début 15 parceque t’est motivé en début de semaine, aprés 20 parceque t’en a marre parceque c’est loin et qu’il pleut.

Début de tournée, il pleut finalement plus, je peut enfin virer mon kawé, comme sa au moins je sentirai plus le plastique mouillé. J’ai froid, j’ai pas ma petit veste sans manche La Poste.
Je regrette mes clefs perdues…

Ma première rue est entièrement pavé, je la deteste vraiment.
Quand il y a beaucoup de courrier je la hais.
J’ai eu l’impression de la bacler aujourd’hui car c’est allé trés vite. Il n’y avait pas beaucoup de courrier, mais je préfère quand même penser que c’est moi qui vait plus vite !.
- Rue de Jules : R.A.S.
- Rue de Jean : R.A.S.
- Cours de la Murje pairs : J’ai une pharmacie par là. Dans la pharmacie il y a une vendeuse de médicament, ou une pharmacienne, je sais pas. Et aujourd’hui elle m’a parlé. J’avais l’impression que sa bouche était remplie de côton et qu’elle était un peu attardé. Elle à essayé de m’expliquer quelque chose qui était déjà noté sur une fiche sur mon bureau. Je l’ai laissé parlé me disant que sa soulagerai sa conscience en me le disant.
Je cherche à quoi, ou à qui elle peut me faire penser. Surement une personne dans un film, une assasin autiste, ou un femme legèrement atteinte dans une maison de petits fous.
Elle est surement loin d’être folle, mais la façon dont elle m’a parlé, avec ses chamalots dans la bouche m’a donné cette impression.
Ce qu’il faut que je retienne c’est que le samedi il faut que je lui apporte le courrier de untel qu’est pas chez lui et bla bla bla.
J’ai dit : “okay, je le note, merci bonne journée aurevoir”.

Les mots et expressions les plus usitées par un facteur remplacant courtois :
Merçi, bonne journée, au revoir, de rien, y’a pas beaucoup de courrier aujourd’hui, demain peut-être, désolé je connais pas la rue machin je connais que mes rues et je suis pas de Bordeaux, Okay j’essayerai d’y penser, bonjour j’ai un recommandé pour monsieur, bonjour j’ai un courrier suivi pour machin, vous savez qui c’est cette personne, cette personne habite t’elle encore ici, pour aller à la gare vous continuez tout droit, désolé je ne connais pas, il faut beau aujourd’hui, j’espère qu’il ne va pas pleuvoir, demain ils ont prévu du beau temps, je vais essayer de m’en souvenir mais c’est pas gagné, vous devriez mettre votre noms sur la boite pour que je puisse savoir qui vous êtes.

En comptant il y a en tout 120 mot.
Le facteur remplacant c’est le langage des 120 mots, moins qu’un gars de cité qui ne saurait pas parler.
Ha, et puis il y a aussi le “wow” dans ma tête pour quand y’a des jolies filles qui passent dans ma rue, et que mon regard se tord et me fait perdre du temps.

La tournée c’est déroulée comme à l’habitude.
En tout fin de tournée j’ai une épicerie Arabe, sa sent bon, sa me donne fin et sa me motive pour vite finir. Peut être que pour mon dernier jour j’acheterai un truc à manger !

En rentrant au bureau c’était le chantier juste à côté de mon bureau.
Il y avait un vélo retourné, mais contrairement aux tortues c’est sans dangers.
C’était le vélo du facteur C.A.P. qui en rentrant avait creuvé son pneu arrière. Autour de lui d’autres facteurs, et le “petit_boss”. Le pauvre facteur C.A.P. ne savait pas comment changer une roue de vélo, il s’est dont fait “chambrer” par tous ses collègues et même par le petit_boss. Je sais pas ce qu’ils ont “tous” “contre lui” mais il doit en avoir marre par moment d’être le petit jeune. 20 minutes pour changer la roue ! C’était long, à la fin ils n”étaient plus que deux.
N’empèche que moi une roue de vélo je suis pas sur d’arriver à mieux la changer que lui d’autant plus qu’on nous donne rien pour réparer si par hazard on crêve en cours de tournée !
Facteur c’est un métier ou il faut son matos !.
Réflexion d’un des facteurs au facteur C.A.P. : “il faut éviter de rouller sur les bris de verre”. La réponse du Facteur C.A.P. : “néant”… Comme si il venait d’apprendre quelque chose, c’était bizarre !

Demain c’est décidé, je regonfle mon vélo presque à plat !




Huitième jour : nouvelle tournée

Nouvelle tournée donc.
En plus ce matin on m’a aidé !

Quand je suis arrivé au bureau mon courrier était presque entièrement mis en case. Une factrice de longue date m’a aidé, un peu trop d’ailleurs, j’ai moyennement apprécié ( même si je n’ai pas refusé l’aide ). Ce que je n’ai pas apprécié c’est qu’elle me prenne pour un gros débutant ! Certes j’ai besoin d’aide, d’autant plus que je ne connais pas la tournée, mais de la à me macher tout le boulot, alors non !
J’ai réussi à trier “en paix” à l’intérieur de mes rues, puis au moment de faire les liasses de courrier, la factrice de longue date est réapparue et elle s’est mise faire MES liasses de MON courrier !. Bon en même temps les liasses elle les fait vite, et en plus elle utilise peu de ficelle.
Moi quand je fait mes liasses je tire d’abord 3km de ficelle que je coupe avec un cuter ( pour pas abimer mes petits doigts :p ), ensuite avec mes 3km de cordelette j’entoure mon paquet de lettres le plus maladroitement possible et j’essaye de rapidement nouer la ficelle avant que le tas ne se casse la gueule.
Alors qu’un facteur expérimenté utiliserai un seul bout de ficelle par liasses, le facteur qui remplace l’été utilise quand à lui 2 morceaux de ficelle de 3km qui pendouillent ! J’espère quand même que tous les jeunes facteurs d’été ne sont pas aussi nuls que moi en matière de liasses !
Faire mal une liasse c’est se condamner à avoir un vélo toujours crade et de rentrer au bureau avec de la ficelle partout dans les sacoches et sur ses fringues. Il m’est même souvent arriver de coincer de la ficelle dans le dérailleur, mais maintenant j’ai compris comment j’avais fait pour casser deux dérailleurs de vélo la première année !

Cette nouvelle tournée elle sent le poisson, surtout autour du marché des Capucines. J’ai dans mes clients un “Top Mangoustes” ! Je me rappelle qu’à ma première année de poste, lors de mon dernier jour, on m’avait offert un bouquet de fleurs. J’espère ne pas me voir offrir des Mangoustes cette année…

La tournée est pas si mal, à l’exeption du frère d’Elisé R, une rue pavée, et pas seulement par des cailloux si vous voyez ce que je veut dire.
La dernière ligne droite avant la fin est le cours de la Murje, cours rapidement parcouru, même la résidence d’étudiants et ses 300 boites se fait rapidement ! D’ailleurs il faudrait que je prenne une photo de ses boites jaunes de résidences pour étudiants parceque y’a une “belle perspective” de boites. J’embarquerai l’appareil photo de mon père demain si j’y pense.

Au niveau des gens que j’ai croisé :
- J’ai croisé une femme qui promenait son chien, et qui s’est mise à me parler de loin avant de vite me rejoindre, la première idée que j’ai eu sur elle c’est que c’était une nimphomane.
- A un moment j’ai apercu une mamie au loin, au moins à 10 numéros plus loins, et la première idée que j’ai eu sur elle est qu’elle allait me casser les pieds.
- A un autre moment je suis arrivé dans une impasse du cours de la Murje, il y avait étendu un clodo, je lui ai dit bonjours, et la première idée que j’ai eu est qu’il allait me répondre et être courtois.
- Je suis rentré apporté le courrier dans une papeterie, en déposant à la caissière le courrier la première idée que j’ai eu est qu’elle me parle comme un chien.

Finalement, sur toutes ses idées à la con :
- La femme que j’ai croisé n’était peut-être pas une nimphomane, c’est surement qu’une anorexique sympa qui voulait parler tout en promenant son chien parcequ’il faisait beau.
- La mamie au loin était trés sympathique, elle faisait d’ailleurs que rire !
- Le clodo m’a dévisagé quand je l’ai salué. ( il se trouvant juste devant une porte d’entrée qui attendait un recommandé ).
- La femme de la papeterie était trés gentille et courtoise, elle ne m’a pas parlé comme à son chien.

Comme quoi des fois on pense mal !

Enfin, qui sait demain, la femme sera un vrai nimphomane et avec son chien elle aura croisée dix minutes plus tot avec la vielle mamie devenue irascible envers moi parceque elle n’a pas reçue son télé Z.
Le clodo dormira peut-être devant mon allé de boite de résidence d’étudiant m’empéchant de mettre le courrier correctement.
La femme de la papeterie fera semblant de pas avoir fait exprés de renverser un pot d’encre de chine sur mon tee-shirt jaune-pisse La Poste.

Tension dans mon bureau de poste :
Le Facteur C.A.P. qui m’avait assisté le mardi dernier est apparement embrouillé avec plusieurs personnes. Ce matin sa gueulait sec au bureau, parmis les phrases vol(i)entes il y avait des choses du genre :
“mais je te dit que tu nous emmerde” “tu nous emmerde alors…”
Je crois même qu’il y a eu plus violent que “emmerde”. Je connais pas les raisons de la divagation, mais comme je suis totallement hors de leurs histoires sa m’a quand même fait marrer.
J’attend plus d’informations de la part de Facteur C.A.P, qui comme il dit : “j’ai l’air bête, mais je l’suis pas !”. Il le dit pas vraiment comme sa, mais entre facteurs, il faut se justifier, surtout quand on est un petit jeune au millieu de vieux facteurs super routinier.

Demain c’est décidé, soit j’emmerde le monde, soit le monde m’emmerde !
Si le monde m’emmerde alors la faute à la pluie. Je pense que deux jour de chance, c’est à dire sans pluie pour le facteur, faut pas trop y compter !




Sixième jour, dernier jour.

Aujourd’hui c’était mon dernier jour !
Enfin pas mon véritable dernier jour, mais plutot le dernier de ma tournée de la semaine.
Adieu morceau d’Y, fini la “crainte” de croiser des gens du passé que tu ne veut plus revoir.
Fini aussi la Rue K et ses boites pleines de noms ( certes bien signalés ) mais illisible pour l’occidental de base.
Fini la rue R, la rue N. Fini surtout la rue La Fontaine.

Ce matin en arrivant chez les facteurs j’ai découvert sur mon bureau un petit papier plié en deux. En fait c’était un imprimé de la poste, un petit imprimé dédié aux facteurs : “Les conseils à donner lors de votre tournée aux personnes sensibles à la chaleur”.
Subtilité graphique : “personnes sensibles à la chaleur” est écrit en jaune…
C’est pas expréssement marqué mais c’est dédié aux “vieux”. A l’interieur il y a 5 conseils pour ne pas mourir de chaud. En gros il faut boire, éviter de sortir, se rafraîchir et se mouiller, passer deux à trois heures par jour dans un endroit frais, et ne pas hésiter à demander de l’aide.
Sur ma tournée je ne peut pas vraiment boire ni même éviter de sortir puisque je suis déjà dehors. Tient, le papier du “vade-mecum du facteur” comme ils l’appellent est certifié EMAS et Iso 14 000. Si c’est aussi bien certifié je pourrais alors surement le balancer dans la rue sans soucis.

Dans une rue ( je peut pas être ailleurs aussi :D ) j’ai donné par avance du courrier à une dame qui n’était pas chez elle. Par contre je connaissait, je ne donnais pas donc le courrier à n’importe qui.
Plus loin dans cette même rue, j’ai croisé une autre personne qui m’a dit qu’ilne fallait pas que je donne son courrier à cette dame, qu’il fallait que je le mette dans sa boite aux lettres. Ok, elle pouvait l’attendre son courrier, et en plus je lui ai uniquement donné parceque je la “connaissait”. Le véritable truc qui me choque c’est que cette personne délatrice, qui n’est ni une personne de sa famille, ni même son mari ( que je “connais” aussi ) se permet de ramener sa grande gueule de tolard.
Bien sur il la connait surement, mais il à quand même fait preuve d’une bonne petite attitude délatrice, bref un bon collabo pour Sarko dans le futur. Le type il était à 250 mêtres de l’affaire, il a “espionné” de loin et en plus il ramène sa fraise… Quand même…
Enfin je connais pas plus ces gens.
Si j’écoute mon feelling, je sais que celle à qui j’ai donné son courrier est une pauvre femme, dans le sens d’une vie sans interêt qui à surement mal tourné. Si j’écoute une seconde fois mon feelling je sais que le gars qui à “dénoncé” est un pauvre-type lui aussi.
Score final : 0 à 0.

C’était un samedi assez null en soit.
J’en ai enfin fini avec la rue des pauvres-gens.
Lundi j’aurai surement la rue des pauvres-c*** !
Ou peut être même deux rue de pauvres-c*** ! Ha quoique non, c’est plus une rue si c’est le cas, c’est un cours !
Maintenant et Lundi, je redouterai le Cours de la M. ( que c’est dur de trouver celui dont je parle ;) ).

Je connais pas trés bien ma future et nouvelle tournée de lundi, mais j’espère qu’elle sera humainement moins triste. Heuresement deux semaines c’est pas trop long…




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Je suis dessinateur de dessins rigolos à mes heures gagnées, vous trouverez une partie de mes dessins sur ce site. Une section est également dédiée à la photo, une autre de mes passions. Je suis également pianiste et organiste de jazz sur Bordeaux à mes heures perdues (page musique en dessous)







  • Bejin Man: En 5° position, un nouveau...
  • cam's: sympa
  • photographe: super ces logiciles je connaissais...
  • marie: Merci pour cet article clair et...
  • MonkeyMaster: Eh beh, on peut dire que ces...