Neuvième jour : plus de clefs !

J’ai perdu mes clefs.
Le matin je vais ( quand il fait beau ) au bureau en moto, sauf que contrairement aux autres matins je suis arrivé sans clefs dans le contacteur !.
J’ai perdu mes clefs, elles peuvent être n’importe ou sur mon trajet estival ! Le garagiste m’a expliqué que sa lui était déjà arrivé ce genre d’affaire et qu’il avait eu à regretter deux jeux de clefs ! En fait, le “newton” qui est le système de contact ou on met la clef fini par prendre du jeu avec l’âge, le mien est âgé et c’est comme sa que j’ai perdu tout mon trousseau ! Heureusement j’avais un double du contact ! La solution serai de changer le Newton, mais bon sa coute 1000 balles ( anciens francs ) , alors j’ai décidé de m’y prendre autrement et d’attacher ma clefs de contact à une chainette en alluminium que je fixe sur le guidon de la moto, comme sa au moins si sa tombe sa reste tout de même accroché !.
Ce qui est vicieux dans ce genre de problème c’est que même si la clefs se barre le contact reste et c’est bien pour sa que je me suis rendu compte de rien.

Tout sa pour dire que mes affaires de postiers, c’est à dire mes clefs, mes badges, mes stylos et aussi mes papiers m’étaient inaccessibles car enfermés dans le top-case de la moto.
Les facteurs comprenaient pas trop mon problème de clefs, y’en à deux qui on cherchés au moment du “tri des rues” pour voir si j’avais pas fait tomber tout simplement mon trousseau en arrivant.
Que dall, j’ai bien tout paumé en route.

J’ai du demander des clefs et des badges de rechanges au “petit_boss”, j’ai d’ailleurs eu l’air un peu con avec mon histoire de clefs qui s’évapore. Le “petit_boss” à ouvert une armoire et en a sorti une petite boite en carton. La boite était compartimenté et dedans se trouvais les clefs, pour ma tournée j’avais besoin de l’une J et d’une T, clefs qu’il m’a donné !.

Ce matin il pleuvait un petit peu, j’avais revêtu ma combine de pluie moto en arrivant au bureau me disant que j’y couperai pas sur ma tournée et qu’il vallait mieux prévoir. J’ai pas gardé ma combine pendant mon tri de rue, trop chaud, je l’ai virée et j’ai pu commencer à trier tout mon bourrier.

A ma place, aprés avoir trié plusieurs lettres j’ai pensé que je n’avais pas de stylo. Dans cette situation sa ne servait à rien que j’aille demander au “petit_boss” car à La Poste c’est pas la foire aux accessoires, les seuls materiels qu’on m’a donné c’est les deux tee-shirts jaune-pisse et un petit veston la poste et un vélo à moitié fonctionnel ! C’est mon voisin de facteurs au bureau qui m’a preté un stylo, heuresement il en avait deux sur lui !

Aux niveaux des accessoires à la poste il y a pour le remplacent d’été :
- Des tee-shirt jaune-pisse.
- Un veston avec 4 poches dedans.
- deux clefs, ou trois et un badge en option ( badge pour ouvrir les portes, pas un insigne de flic ! ).
- Un vélo moyennement confortable.
- Le vadé-mécum du facteur ( voir jour précédent, ou avant-précédent je sais plus trop ).
- Un contrat en deux exemplaires.
- Beaucoup de ficelle.

Personnellement il faut se fournir :
- Un cutter si tu sait pas faire une liasse ou la couper.
- Quelque chose pour accrocher les clefs qu’on te donne.
- Un vêtement de pluie.
- Du courage
- Un humour “large” si tu veut pas passer pour un associal dans le bureau et que tu veut te faire des “copains”.
- Une pompe à vélo ( au cas ou ).
- De quoi réparer le vélo ( au cas ou ).
- Plusieurs stylos parceque quand il flotte y’en a la moitié qui marche plus.
- Savoir freiner avec les pieds si les freins sont cassés.

Il faut quand même beaucoup de chose.
La Poste comme je disait c’est pas la foire aux accessoires, franchement ils pourraient faire deux trois efforts, notamment sur les stylos, ou alors prêter d’office quelque chose pour la pluie. Bref, il faudrait le minimum !

Je suis le roi de la ficelle, et je pense que mon voisin de facteur s’en est rendu compte !
C’est ce même voisin qui m’a montré hier, pour la première fois comment faire une liasse avec UN seul morceau de ficelle ! Ma première année à la poste je suis tombé sur une factrice qui n’utilisait que les gros élastiques, j’ai donc utilisé des élastiques, les autres années je suis retourné à la ficelle et j’en ai laissé trainer partout !
Une liasse en un coup, une ficelle, c’est pas trés difficile finalement, il suffit de toper le coup, comme dans tout. J’y arrive pas encore, et je pense pas que j’y arrive parfaitement la semaine prochaine. La chose qui me fait un peu mal et que je réussi pas bien c’est de couper à la fin la ficelle, je me fait mal aux mains, je me brûle, bref c’est pas bien !
Je désséspère quand même pas.

Enfin, on m’a montré comment faire mais c’est pas pour autant que je vais beaucoup plus vite. Je doit d’ailleurs être encore trés lent pour faire une liasse puisque le voisin de facteur et la factrice qui m’a assisté hier m’ont tout liassé !
Je suis content quand on me liasse tout c’est sur, le seul ennuie c’est que le casier est dans un mauvais ordre et qu’aprés quand je doit mettre le courrier dans le sens de ma tournée j’ai du mal à m’y retrouver parceque je ne me suis pas occupé des liasses ! Si je devai faire une mauvaise comparaison c’est comme heu… Je sais pas, si je trouve je le met !

Voila, tout est ok, on m’a fait toutes mes liasses je n’ai plus qu’a tout bien placer sur le vélo.
Mon vélo est sacrément dégonflé, il est trop tard, je vient de tout chargé, mes recommandés sont prêts autant que moi. Tant pis, je détale vers la sortie.
Je sorte du bureau en même temps qu’une autre factrice bien sympathique ( si vous voyez ce que je veut dire ). On discute au moins 40 secondes, malheuresement surement du temps parcequ’on à rien à ce dire et que sa fait que 40 secondes que l’on parle. A ce moment là arrive deux autres facteurs.
Le premier est un motard qu’a la même moto que moi, il est sympa, c’est pas un gars énervé, c’est bien. Le second c’est un passionné de jazz que j’ai déjà remplacé l’année dernière. Lui c’est mon facteur préféré, il est chouette, j’ai jamais parlé de foot avec lui mais souvent de musique, et vu qu’il sait de quoi il parle c’est trés chouette. D’ailleurs un facteur qui aime le jazz c’est rare, c’est l’exeption de la poste, je m’attendais à tout sauf à croiser un facteur qui aime ce genre de musique.
Dans la poste y’a aussi une autre factrice, mignonette aussi, qui elle dessine, finalement c’est avec ces deux facteurs avec le qui j’ai le plus parlé.

On discutait donc avec la factrice, les deux autres débarquent avec la pluie.
Hop, descente du vélo, et enfilage de Kawé.
C’est parti, il pleut, nous somme un groupe de quatres à décoller du bureau. Elle, lui, lui et moi.

Quand on sort du bureau il y à trois directions possibles :

1) A gauche : C’est le plus dur pour le mental parcequ’à gauche sa grimpe déjà. Certes pas beaucoup mais avec 50 k sur un vélo sa fait mal aux pattes.

2) A droite : C’est le plus facile, c’est tout droit et tout plat, c’est l’itinéraire des chanceux. Je connais pas cet itinéraire, je connais seulement celui de gauche et celui de….

3) … tout droit ( et à gauche ) : il faut traverser complêtement le carrefour pour tomber dans une longue voie plate parrallèle à le voie de droite. Elle est moins bien que la voie de droite parceque c’est trés dégagé pour le vent, donc quand sa souffle c’est assez hardu.

Moi je vais tout droit en ce moment.
La première semaine j’allais à gauche.
Dans tous les cas, en ce qui concerne à droite ou tout droite il faut absolument éviter de croiser les rails de trains trop rapidement. Oui, il y à des vieux rails de trains, en vélo c’est super glissant, encore plus quand il pleu, c’est assez dangereux.

Notre groupe de 4 toujours composé de Elle, lui, lui et moi allons tout droit en passant trés doucement sur les rails. Nous traversons la longue voie parrallèle à la direction de droite. Au bout de cette longue voie il y à un rond-point qui scinde notre groupe en deux. Nous sommes plus que Moi, je suis un groupe tout seul, mon propre chef, et c’est bien en ce sens que le métier de facteur est agréable. Mise à part un camion, derrière moi il n’y a plus personne.

Aprés avoir grimpé un petit Tourmalet, ma tournée commence. Le trajet est long, 15 à 20 minutes.
Au début 15 parceque t’est motivé en début de semaine, aprés 20 parceque t’en a marre parceque c’est loin et qu’il pleut.

Début de tournée, il pleut finalement plus, je peut enfin virer mon kawé, comme sa au moins je sentirai plus le plastique mouillé. J’ai froid, j’ai pas ma petit veste sans manche La Poste.
Je regrette mes clefs perdues…

Ma première rue est entièrement pavé, je la deteste vraiment.
Quand il y a beaucoup de courrier je la hais.
J’ai eu l’impression de la bacler aujourd’hui car c’est allé trés vite. Il n’y avait pas beaucoup de courrier, mais je préfère quand même penser que c’est moi qui vait plus vite !.
- Rue de Jules : R.A.S.
- Rue de Jean : R.A.S.
- Cours de la Murje pairs : J’ai une pharmacie par là. Dans la pharmacie il y a une vendeuse de médicament, ou une pharmacienne, je sais pas. Et aujourd’hui elle m’a parlé. J’avais l’impression que sa bouche était remplie de côton et qu’elle était un peu attardé. Elle à essayé de m’expliquer quelque chose qui était déjà noté sur une fiche sur mon bureau. Je l’ai laissé parlé me disant que sa soulagerai sa conscience en me le disant.
Je cherche à quoi, ou à qui elle peut me faire penser. Surement une personne dans un film, une assasin autiste, ou un femme legèrement atteinte dans une maison de petits fous.
Elle est surement loin d’être folle, mais la façon dont elle m’a parlé, avec ses chamalots dans la bouche m’a donné cette impression.
Ce qu’il faut que je retienne c’est que le samedi il faut que je lui apporte le courrier de untel qu’est pas chez lui et bla bla bla.
J’ai dit : “okay, je le note, merci bonne journée aurevoir”.

Les mots et expressions les plus usitées par un facteur remplacant courtois :
Merçi, bonne journée, au revoir, de rien, y’a pas beaucoup de courrier aujourd’hui, demain peut-être, désolé je connais pas la rue machin je connais que mes rues et je suis pas de Bordeaux, Okay j’essayerai d’y penser, bonjour j’ai un recommandé pour monsieur, bonjour j’ai un courrier suivi pour machin, vous savez qui c’est cette personne, cette personne habite t’elle encore ici, pour aller à la gare vous continuez tout droit, désolé je ne connais pas, il faut beau aujourd’hui, j’espère qu’il ne va pas pleuvoir, demain ils ont prévu du beau temps, je vais essayer de m’en souvenir mais c’est pas gagné, vous devriez mettre votre noms sur la boite pour que je puisse savoir qui vous êtes.

En comptant il y a en tout 120 mot.
Le facteur remplacant c’est le langage des 120 mots, moins qu’un gars de cité qui ne saurait pas parler.
Ha, et puis il y a aussi le “wow” dans ma tête pour quand y’a des jolies filles qui passent dans ma rue, et que mon regard se tord et me fait perdre du temps.

La tournée c’est déroulée comme à l’habitude.
En tout fin de tournée j’ai une épicerie Arabe, sa sent bon, sa me donne fin et sa me motive pour vite finir. Peut être que pour mon dernier jour j’acheterai un truc à manger !

En rentrant au bureau c’était le chantier juste à côté de mon bureau.
Il y avait un vélo retourné, mais contrairement aux tortues c’est sans dangers.
C’était le vélo du facteur C.A.P. qui en rentrant avait creuvé son pneu arrière. Autour de lui d’autres facteurs, et le “petit_boss”. Le pauvre facteur C.A.P. ne savait pas comment changer une roue de vélo, il s’est dont fait “chambrer” par tous ses collègues et même par le petit_boss. Je sais pas ce qu’ils ont “tous” “contre lui” mais il doit en avoir marre par moment d’être le petit jeune. 20 minutes pour changer la roue ! C’était long, à la fin ils n”étaient plus que deux.
N’empèche que moi une roue de vélo je suis pas sur d’arriver à mieux la changer que lui d’autant plus qu’on nous donne rien pour réparer si par hazard on crêve en cours de tournée !
Facteur c’est un métier ou il faut son matos !.
Réflexion d’un des facteurs au facteur C.A.P. : “il faut éviter de rouller sur les bris de verre”. La réponse du Facteur C.A.P. : “néant”… Comme si il venait d’apprendre quelque chose, c’était bizarre !

Demain c’est décidé, je regonfle mon vélo presque à plat !

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Je suis dessinateur de dessins rigolos à mes heures gagnées, vous trouverez une partie de mes dessins sur ce site. Une section est également dédiée à la photo, une autre de mes passions. Je suis également pianiste et organiste de jazz sur Bordeaux à mes heures perdues (page musique en dessous)

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